You are directly concerned

1 05 2008

      Je te baise, tu me baises, je te tue, tu me tues, je pars quand tu reviens, je reviens quand tu pars, nous jouons au jeu de la mort, au jeu de l’amour, au jeu de la vie. Si tu pleures je te consolerai, si tu cries je te consolerai, si je pleure tu te moqueras, si je crie tu crieras. Le jour où nos corps se sont mélés, j’ai cru que nous allions rester liés l’un à l’autre, pour un instant, pour une vie. Mais le destin fait que tu t’écartes et te tourne de l’autre côté, vers la table de nuit où le vrai amour t’attend. Je ne fais que passer, je ne suis que la main qui tourne la page d’un livre déjà commencé. Il faut écrire la fin maintenant, qu’elle comporte encore plusieurs chapitres ou qu’il ne reste que quelques lignes, il faut écrire la fin. Mais c’est le syndrôme de la page blanche, tu restes les yeux dans le vide, le stylo à la main, mais l’encre ne coule plus, ta plume est sèche et le temps passe.

      Et le blanc de la page te nargue, se moque de toi et de ton hésitation. Tu as beaucoup écrit, mais tu es baisée par ta propre romance, ta propre vie, tes propres sentiments. Les sentiments te baisent et tu baises mes sentiments. Baise plutôt mon corps, lèche moi plutôt l’amour, suce mon attirance pour toi.

     Prend moi dans la salle de bain, regardons nous dans la glace et sourions à cette luxure qui meurtrit nos chairs. Sourions à la destruction, sourions à la fin du monde, sourions à la terre qui explose et nous gicle dessus, sourions aux morts plus qu’aux vivants, parce qu’eux savent ce qui est vrai, Dieu leur a parlé et leur a dit que nous n’étions que des chiens qui déchargent leurs excréments sur le visage de nos congénères, avant de ne devenir nous même que pourriture puante.

     Je noie les enfants de notre amour sans qu’ils ne se débattent, parce qu’ils sont déjà morts. Ils sont morts depuis que tu regardes de l’autre côté de la route, me reniant, abandonné. Animal qui tourne dans sa cage, j’attend que toi, ma maitresse, vienne me caresser et me nourrir. Je ne te dévorerai pas le bras, j’aime trop tes caresses et les mots que tu me sussures quand tu viens me voir enfin, après avoir nourrit les autres bêtes enfermées.

     Viens enfin, rejoins moi, ne regarde plus par dessus ton épaule, regarde vers l’avant, regarde là où le soleil nous appelle, là où l’horizon n’a pas de fin. Faisons maintenant l’amour. Viens enfin avec moi, et laisse moi te montrer notre réalité, même si elle mène à la mort et à la destruction du monde. De toutes façons il est pourrit, le monde.